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L'art de la guerre - Adja - (anciens récits)

le Dim 7 Mai 2017 - 12:37
J'ai retrouvé les récits RP de la session de 2011

Incertitudes


Calée contre un coussin, elle fixe le mur qui lui fait face, la moue boudeuse.
Elle n’aime pas cet endroit. Ni les gens qui l’habitent d’ailleurs.
Chez les Zaranigs au moins, elle pouvait voir le ciel, ici dans cette cave il n’y a que la pierre froide.
Les Zaranigs avaient dressé leur campement dans une oasis et elle pouvait se baigner dans l’eau claire à toute heure.
Chez les Zaranigs, si les ainées et les femmes mariées la fuyaient comme une pestiférée, les jeunes filles, les enfants, buvaient ses paroles ; avec force détails elle leur a raconté son histoire enrichie et enjolivée, leur narrant comment son père l’avait donnée à la cruelle Elisha en gage d’alliance, faisant vivre devant elles la ville terrible du Roi Sorcier et la Tour de sa Maîtresse en la rendant plus grande encore. Elle leur a narré les agapes barbares d’Elisha la cannibale en guettant leurs expressions horrifiées.
Ici il n’y a que Nukrin et sa clique pour auditoire.

Elle ne l’a jamais aimé. Elle le déteste à présent.
A force d’insistance, de menaces, il les a fait quitter leur asile et les a menées ici. Il a détruit sa quiétude, tout bouleversé ! Tout ça pour quoi ? Guerroyer en petit ? Mimer le passé ?
Qu’adviendra-t-il d’elle, Adja, si la folle se fait tuer ?
Elisha est elle dupe du rêve de gloire dans lequel il l’entretient ? Comment savoir ? Oui, comment savoir si elle est dupe ou, si, passive, elle se laisse mener à sa perte comme une somnambule?

Avant les choses étaient simples.
Perdue, sans repères, depuis son renvoi de Morgul, la « Chienne » avait troqué un esclavage pour un autre. La voix flûtée d’Adja avait remplacé les ordres de « son Roi », ses bras dorés avaient remplacés les mains gantées d’acier, mais les chaînes n’étaient pas moins solides que les précédentes.
Tout serait il à refaire à présent ? Elle se jure que non.
S’il veut la guerre, il va l’avoir.


Dernière édition par nurn le Dim 7 Mai 2017 - 13:36, édité 1 fois
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Re: L'art de la guerre - Adja - (anciens récits)

le Dim 7 Mai 2017 - 12:39
L’art de la guerre

« Parle. »
Patiemment elle a nettoyé le visage sali par le sable du désert et le sillon des larmes.
« Raconte-moi. »
Elle l’a longuement baignée dans la bassine ramenée par Akila et Zaida.
« A moi tu peux tout dire. »
Comme cela ne suffisait pas pour faire sortir la folle de son mutisme, Adja a pris le temps de préparer la boulette d’opium, de la faire chauffer doucement à la pointe d’une flamme avant de la servir dans la pipe d’ivoire.
Evidemment elle a parlé.

Comme si l’immense Harad était soudainement devenu trop petit, Elisha a croisé Safiya la traitresse, celle qui avec ce vautour d’Ithuriel lui a jadis enlevée Adja et l’Epée d’Aryline Lame Lune avant de la chasser sous la menace des armes de Bet El Faki. Sûre de sa supériorité, chauffée à blanc par trois années passées à méditer sa vengeance, le ventre noué de haine, elle s’est ruée à l’attaque.
Trois ans à imaginer ses ongles fouillant les orbites, ses dents déchirant les chairs, trois ans à rêver de la parjure fichée en pal ou en croix, trois ans pendant lesquels le désir de vengeance lui a tenu chaud et compagnie aux heures les plus .
Trois ans de rêves sanglants qui se sont effondrés en trois minutes tout au plus. Il n’a fallu que quelques instants pour qu’elle réalise que sa proie ne se laisserait pas tuer aisément, un peu plus pour commencer à douter puis d’être submergée par la rage devant ce destin moqueur. Au bout de trois minutes, son épée gisait dans le sable et l’épée de la traitresse était sous son menton.
S’il n’y avait eu Vershlark pour interrompre le combat, elle serait morte assurément. Si Vershlark n’avait su trouver les mots justes pour faire croire à une tragique méprise, Safiya aurait fini par relever son heaume et la démasquer. Ensuite elle serait morte de honte une première fois avant même que l’acier ne lui tranche la gorge.
Le destin a voulu que Safiya ne la reconnaisse pas et qu’elle survive : honteuse de son échec, accablée de réaliser qu’elle a été défaite, humiliée de devoir la vie à Vershlark.

Adja plisse les yeux, fait un effort pour effacer de son visage le sourire qu’à fait naître le récit. Puis, elle vient se coller contre le dos de la folle, passe ses bras parfumés autour de son cou, l’embrasse, murmure à son oreille : «Il ne faut plus y penser. Je suis là moi, pour toi, à toi. Jamais nous n’aurions dû suivre ce Nukrin. Nous étions l’une à l’autre et il est venu tout déranger. Partons tant qu’il en est encore temps. Cet homme te manipule, il est jaloux de ta gloire passée, il t’utilisera à des tâches sans gloire ni prestige, il te fera poursuivre des chimères et ruinera ta renommée. »

Adja est sur le point de retirer sa robe quand elle entend un murmure.
« Que tu dis tu ? »
« L’Epée. Je veux l’Epée d’Aryline Lame Lune. Elle à moi. C’est la mienne. La mienne. Je reprendrai l’Epée. »
Adja ferme les yeux, serre les dents, laisse tomber son front sur l’épaule d’Elisha. Jusqu’ici elle a eu la victoire magnanime, elle a fait preuve de mansuétude. Mais le souvenir de cette morte prend décidément trop de place et devient contrariant. Il est grand temps de rappeler qui tient les rênes.
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