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[RP Tugrul]

le Dim 1 Juil 2018 - 8:51
La promise

On parlait depuis plusieurs heures déjà. Réunis sous une même tente les chefs des Howeitah et les émissaires des Peshmergas parlaient, parlaient…les esprits s’échauffaient parfois.
Les guerriers Peshmergas étaient descendus de leur nid d’aigle, Alamut, et avaient chevauché jusqu’au campement des Howeitah, attirés par la rumeur, attirés par la haine brulante, attirés par l’impérieuse nécessité de la vengeance.
Car les Howeitah avaient retrouvé Adja.

Tugrul n’écoutait plus. Tugrul se souvenait.
C’était il y a 8 ans. C’était hier.
Il y a 8, Alp Arslan, son frère adoré, son héros les avait quittés. Il était parti vers le Nord et n’était jamais revenu. Alp Arslan était parti chercher Adja sa fiancée, Adja si belle, emmenée comme esclave par une femme venue du Mordor, afin de rappeler à son père Najibullah bey, chef des Howeitah, qu’un tribut se payait ponctuellement.
Si les Howeitah avaient baissé la tête, Alp Arslan avait juré qu’il irait chercher Adja jusqu’au bout de la terre, qu’il la ramènerait s’il le pouvait, qu’il la tuerait si elle avait été déshonorée. Quant à la femme en noir, ses jours étaient désormais comptés.
Alp Arslan n’était jamais revenu. Les hommes d’Alamut l’avaient longtemps cherché. Partout ils avaient posé des questions. En vain. Ses traces se perdaient au nord de Gob El Ancalimon. Les sables du Harad ou bien les montagnes noires du Mordor l’avaient avalé.
Le temps avait passé et l’on avait cessé de chercher ; le père d’Adja était mort, rongé par la honte; Tugrul était est devenu un homme, un guerrier, mais il n’avait rien oublié.

Les Howeitah avaient retrouvé Adja.
Adja Najibullah que l’on croyait cent fois morte, là-bas derrière les montagnes du pays noir n’était pas morte, même si il eut mieux valu pour tous qu’elle le soit. La vierge destinée à son frère était devenue une catin qui ouvrait ses cuisses à tous ceux qui la payaient. Tugrul sentait que son frère était mort une seconde fois et cette seconde mort lui était odieuse.
Adja était à Umbar. Adja allait payer.

L’un des Howeitah se leva et brandit son poignard. Il fallait qu’elle meure pour que la flétrissure soit effacée et que les Howeitah recouvrent leur honneur bafoué, on l’égorgerait devant la tribu rassemblée. Un juge coutumier intervint, fit remarquer que répandre le sang d’une parente portait malheur, et suggéra qu’Adja soit enterrée vivante, cousue dans un sac avec des rats. Les Peshmergas n’étaient pas d’accord : Adja avait été destinée à l’un des leurs, la coutume voulait donc qu’on la leur remette et qu’elle soit attachée à la queue d’un cheval sauvage comme il sied à une femme adultère.
Tugrul se leva alors : Adja avait été donnée en fiançailles à son frère mais celui-ci était mort, le droit coutumier voulait qu’il remplace son ainé en pareilles circonstances ; Adja était donc légalement son épouse.
Après un long silence, il y eut une tempête de clameurs chez les Howeitah et un silence circonspect chez les Peshmergas. Le juge coutumier confirma son bon droit.
Tugrul rappela la dot promise à son frère et jamais versée. Les Howeitah s’agitèrent, Adja était la seule enfant de Najibullah bey. Leur faudrait-il rendre ce qui avait été partagé à la mort du père ? A leur grand soulagement, Tugrul annonça qu’il renonçait à toute dot pour peu que les Howeitah apportent leur concours pour l’aider à récupérer sa promise.
Tugrul s'adressa encore à ceux qui le suspectaient de clémence et ils furent pleinement rassurés.

Chacun promis son aide. On se congratula. Tugrul n’écoutait plus, ne songeait pas aux moyens considérables qu’il venait d’attacher à sa cause, il pensait à Adja si belle….et l'imagina hurlante quand le pal l'ouvrirait de part en part.

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