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BG Douleya

le Dim 2 Fév 2014 - 16:43
Je l'ai retrouvé au fin fond de mon ordinateur, alors je le remets Smile
Par contre, impossible de remettre la main sur celui de Sisfyé Sad


D'un pas léger dévoilant son insouciance, la silhouette s'approcha du bord de l'eau et s'y pencha. Elle commença à scruter le reflet de son visage, cherchant vainement une éventuelle ride naissante. Après en avoir inventé une, malgré l'éternelle jeunesse dont elle était marquée, elle se coucha au milieu des fleurs, fixant le ciel en laissant ses pensées vagabonder librement. Ainsi Douleya se surprit elle-même à repenser à son enfance.
« - 1400 ans! Déjà... Mais où est donc passé tout ce temps? Le souvenir des visages souriant de mes parents est encore si frais dans ma mémoire, comme la douleur qui m'a envahit le jour de leur mort... Une blessure au coeur qui ne pourra jamais se refermer complètement. La solitude devint ma seule compagne, j'étais rejetée et je n'avais que 9 ans... J'avais perdu toute ma famille sans que personne ne veuille me dire ni comment, ni pourquoi; et malgré les vifs sourires que l'on m'accordait, je sentais le malaise que j'inspirais. Un besoin d'exister, voilà ce qui me manquait, la preuve que j'étais vivante. C'est à ce moment là que j'ai enchaîné les bêtises, ne sachant jamais quoi inventé pour faire sourire les autres ou même me faire gronder, mais en tout cas leur faire oublier ce lourd secret sur la mort de mes parents, afin qu'ils m'accordent un regard l'espace d'un instant. J'avais décidé de vivre en riant, en chantant et en dansant, je voulais que ceux qui m'avaient quittée en ces terres soient fiers de moi! Mais la blessure ne cessait de saigner et chaque instant de solitude agissait comme un couteau dans la plaie... »
Elle ferma les yeux, parcourue par un frisson en se remémorant cette époque. Puis elle fixa à nouveau le ciel laissant ses souvenirs continuer à affluer.
« Ne trouvant la reconnaissance que je cherchais, en grandissant je m'aventurai toujours plus loin de la communauté, recherchant inconsciemment un remède à mon mal. Jusqu'au jour où j'ai rencontré cette jeune humaine qui venait de perdre sa mère. Elle s'appelait Endurea. De longues années humaines s'écoulèrent durant lesquelles nous nous liâmes d'amitié. J'ai envié son courage quand elle prit la décision de partir pour Fornost pour défendre ses convictions, elle voulait devenir une grande guerrière. J'ai partagé sa douleur quand son rêve fut brisé par la maladie de son père. C'est pour elle et pour continuer son rêve que je suis partie aux Havres Gris. J'avais 80 ans, aucune attache et une folle envie de découverte quand le bateau amarra à Mithlond. Tant de choses m'y attendaient! En premier une nouvelle famille: Finaël, un père; Amor, une mère; Estel, un frère. En deuxième des amis: Clara, Drenark, Grognar, Synelas, Doriathil, Zenkuro et tant d'autres... Leur seule présence apaisait ma douleur et me décida à devenir guérisseuse, ainsi j'ai pu soigné le père d'Endurea. Je ne voulais plus voir qui que ce soit souffrir et y être impuissante.  Tout allait si bien que j'ai senti un gouffre s'ouvrir sous mes pieds en apprenant la disparition de ma mère et de mon frère en mer, alors qu'il n'avait que 5 ans... Sans mon père, je n'aurai pas supporté la nouvelle, j'étais encore trop fragile. Finalement ils étaient en vie mais je ne l'appris que 15 longues années après, lorsqu'Estel réapparut. Il s'avançait devant moi, beau, agile mais si différent, il n'avait plus rien de cet enfant innocent qui m'avait adoptée. J'avais maintenant un frère toujours prêt à me défendre et perpétuellement inquiet de mon sort. Je n'ai revu qu'une fois ma mère en de bien tristes circonstances, elle aussi avait radicalement changé... »
Elle ferma de nouveau les yeux pour dessiner les traits de ces êtres chers dans son esprit. Reprenant le cours de ses pensées, elle se mit à jouer sans même s'en rendre compte avec un anneau elfique ornant sa main droite.
« Mon inconscience et ma passion pour l'herboristerie firent que je ne me suis pas méfiée en me piquant sur une plante qui m'était inconnue. C'était une erreur. La plante venait de Numénor mais surtout maudite, très vite ma force vitale s'échappait de façon incontrôlée de mon être. Tous, y compris la guérisseuse de Mithlond, ne pouvaient rien faire de plus que de me regarder mourir à petit feu... Jusqu'à Ceven Galad... La Terre de Lumière en langage commun, c'est elle qui m'a sauvée. L'espace d'un instant la magie de ce lieu m'a acceptée en son sein, avec le soutien de mon père, nous avons fusionné. Ma peau s'est éclaircit, mes cheveux ont pris cette couleur de feu, mais surtout une petite pierre de lumière s'est incrustée dans mon front. Le poison est toujours là, je cicatrise moins vite qu'avant et les blessures que l'on m'inflige sont toujours plus profondes... Mais cela n'a pas d'importance, je suis vivante, Ceven Galad m'a sauvée et depuis, comme l'indique cet anneau, je suis une gardienne de ce lieu. »
Elle fixa son anneau, puis se tourna sur le ventre pour commencer à jouer avec une herbe.
« Peu après, quelle fut ma surprise lorsque Drenark me confia un bébé elfe! Que faisait un humain avec? Cette jeune enfant, Sulinia, avait perdu toute sa famille dans une guerre de convenance irraisonnée. Son père était un ami très proche de Drenark et celui ci avait décidé de sauver ce dernier être cher en sa mémoire. Sans même m'en rendre compte, l'enfant et moi, nous nous étions adoptés mutuellement presque aussitôt. Nous nous ressemblions tellement et je refusais de la laisser vivre une enfance similaire à la mienne. Pour remercier de leur amitié Clara et Drenark, quelques temps plus tard, je proposais de garder leurs enfants dont la vie était menacée. Voir ces enfants grandir, rire et jouer, réchauffait les coeurs et restera pour moi mes plus belles années. Mais la vie avait décidé d'entacher ces années en les frappant du départ d'Estel, qui avait préféré rejoindre sa mère. Leurs absences avaient créé un grand vide en moi, qui ne fut que partiellement rempli par l'espoir de les revoir un jour et l'amitié fraternelle de Synelas. Ce dernier ayant trouvé en Nyavien son âme soeur, formait un couple dont la beauté rayonnante s'ajoutait à la vie apportée par les enfants, tout en ne cessant de me rappeler ma solitude. De son côté Finaël accusait les aléas de la vie avec les mêmes difficultés que moi, s'exilant sur les routes, s'isolant dans Ceven Galad. J'avais l'impression de le perdre comme s'il n'arrivait à voir en moi que la gamine qui avait débarquée aux Havres Gris quelques années auparavant. »
D'un geste délicat, elle libéra l'herbe qu'elle tenait pour se remettre sur le dos, laissant glisser une perle le long de sa joue.
« Je regardais ma petite Sulinia grandir, elle devenait plus belle à chaque aurore et je redoutais ce jour prochain où elle voudrait voler de ses propres ailes. Comme moi à son âge, elle souhaitait faire ses preuves et ce n'était pas lui rendre service que de continuer à la garder égoïstement à mes côtés. Elle était agile et intelligente, et ne tarda pas à multiplier ses excursions et en revenant me voir toujours avec cette même impatience de tout me raconter. Ainsi elle décida de suivre sa propre route, le jour de ses 200 ans, à la suite d'une grande fête organisée pour elle au sein de Ceven Galad.  Ce fut juste après son envol qu'un autre événement vint troubler mon âme. Lors d'une de mes visites à mes amis de Fornost, la cité subit un assaut comme je n'en avais encore jamais vu. Je pris les armes pour mener ce combat de la dernière chance au côté de mes amis, mais très vite je les rangeais pour sortir mes nécessaires de soins. Je ne pus malheureusement que soulager les dernières minutes en ces terres de la majorité d'entre eux. Les morts s'entassaient tandis que d'autres couraient vers la leur. Et malgré mes nombreuses heures d'apprentissages, je me sentais bien impuissante face à un tel drame. Finalement, Fornost la grande était tombée, emportant avec elle d'innombrables amis. Je compris à partir de ce jour, à quel point la relation des elfes avec les hommes était à jamais entachée. Pourtant, je gardait parmi les leurs des amis très chers, tel que Clara qui malgré son sang Dunedain, n'échappait pas à la vieillesse. C'est elle qui finit par l'emporter loin de notre monde, mais au moins j'étais à ses côtés. »
D'un geste lent, elle défit la barrette qui retenait ses cheveux. Un objet bien ordinaire pour n'importe qui d'autre, mais si important pour elle, puisqu'il lui avait été offert par son amie sur son lit de mort.
« Après tous ces durs événements, avec plusieurs amis dont Nyavien et Synelas, nous décidâmes de retourner vivre à Ceven Galad. Mais une fois arrivé, malgré notre grande amitié, je n'osais trop m'immiscer dans la vie de couple de mes amis. Envahie de nouveau par un mal être, je décidai de me réfugier dans un travail acharné sur les plantes afin de le dissimuler. Un longue période s'en suivit puisque durant 1000 années, je ne suis pratiquement pas partie de ce lieu. De plus, dehors une ombre noire étendait son voile de plus en plus loin, et même nous, les gardiens de la Terre de Lumière, avions de lourdes décisions à prendre. J'accueillais cependant avec joie les passages des êtres qui m'étaient chers, mais la visite de Synelas m'annonçant sa décision de repartir pour sa Lorien natale à la suite du départ de Nyavien pour les Terres immortelles, me remplit de tristesse. Peu de temps après son départ, la nostalgie de nos épopées me gagna. Je ressortis mes chères rapières et constata très vite à quel point mes mouvements étaient moins précis. Je n'avais jamais vu la Lorien et la curiosité de la visiter m'envahit. Je vérifiais auprès des autres gardiens si le moment était propice à un départ et ayant une réponse positive, mon sac fut fait dans la journée. J'étais repartie de nouveau vers un nouvel inconnu mais cette fois, je n'étais plus l'enfant rejetée de 9 ans, ni même la jeune elfe en quête d'elle même de 80 ans, j'étais Douleya, fille de la lumière et gardienne de Ceven Galad. »
Un papillon attira son attention. Elle se leva, le suivit et joua avec lui dans une danse commune. Personne en la voyant ainsi n'aurait pu imaginer quelles avaient été ses dernières pensées...


Dernière édition par SaleBete le Dim 2 Fév 2014 - 16:59, édité 2 fois
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Re: BG Douleya

le Dim 2 Fév 2014 - 16:49
Petit bonus, un texte que j'ai retrouvé Smile

Deux indentités

Elle traitait les plantes qu'elle venait de ramasser, seule une personne la connaissant depuis fort longtemps aurait pu remarqué que ses mouvements d'apparence vive et sûre, n'agissaient que par automatisme. Elle venait de laisser son père après une longue discussion. Comme toujours, il avait su lui apporter des réponses, mais l'une d'entre elle maintenant tourmentait son coeur...
Elle avait eu peur pour Elvawen, était inquiète pour son père et supportait toutes ses responsabilités de Gardienne d'un coup; alors elle n'avait pas réfléchit lorsque Doriathil et elle s'étaient révélés l'un à l'autre.
Depuis des siècles elle arpentait les Terres de Milieu seule, ça ne l'avait pas poussé à s'attarder sur certains « détails ». C'est la sagesse de son père qui les lui rappela. Quand elle lui annonça la nouvelle et avant de savoir de qui elle parlait, il lui demanda:
« Cette personne réalise-t-elle ce que signifie que de s'unir à la Gardienne? ».
Elle avait répondu sans réfléchir, elle connaissait Doriathil depuis tant de siècles... Pourtant la phrase résonnait dans sa tête. Peu après, durant une discussion, elle expliqua à l'élu de son coeur, le lien particulier qui unissait son père et elle aux anneaux et à Ceven Galad : la fusion. C'est à ce moment là, qu'elle réalisa qu'il aimait Douleya, mais ne faisait que connaître l'existence de Gloriell.
Elle réorganisait les choses dans sa tête. En priorité, elle devait retrouver l'anneau de son père, ce qui ne l'empêcherait pas de discuter avec Doriathil afin qu'il sache ce qui l'attendait. Après elle l'amènera sur sa Terre d'adoption, à ce moment, il décidera... accepter Douleya avec Gloriell ou renoncer à leur union.
Quand elle en avait parlé avec son père, celui ci lui avait dit que l'union d'un Gardien est l'épanouissement de son rôle. Comme Elerinnae avait permit à Olosta d'arriver à sa plénitude. Mais pour cela, il fallait que Doriathil accepte ce rôle également, il était déjà Capitaine de Lorien. Lorien qu'il aimait profondément ainsi que sa Dame et son Prince. Synelas avait bien réussit à aimer les deux terres et à les protéger, alors pourquoi pas lui. Comme avait dit Elvawen:
« Choisir une Terre ne signifie pas renoncer à une autre. ».
Elle savait tout ça, mais elle savait aussi que si Doriathil acceptait, ça devait être par amour pour Ceven Galad et pour Gloriell, et non pour Douleya...
Elle se préparait au pire sachant combien elle en souffrirait si le cas échéant avait lieu. Elle ne pourrait jamais abandonner cette Terre.
Elle soupira, arrêtant tout mouvement, et réalisa qu'elle avait finit depuis un moment. Elle réunit ses affaires et accompagnée de Voyou, elle alla s'installer plus loin. Assise, les yeux rivés vers l'horizon, elle reste immobile un long moment. Deux mots résonnaient en elle :
« Espoir... Confiance... ».
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